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a) Introduction
Environ 55 % des dossiers que nous
avons traités concernent la multipropriété.
 | Dans ce domaine, le processus de vente
débute de façon différente selon que le consommateur « acquéreur potentiel
dune semaine en temps partagé » est recherché par le vendeur en France ou
quil se trouve déjà en Espagne.
 | Dans le premier cas, le consommateur est
informé quil a gagné un week-end ou une semaine de séjour dans une résidence, la
seule obligation lui incombant étant, outre le paiement des billets pour se rendre à
destination, dassister lors de son séjour à une présentation de la résidence et
du « nouveau concept de vacances ».
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 | Dans le second cas, le vacancier est
interpellé par des personnes, souvent des étudiants, employés à cet effet par le
vendeur et payés en fonction du nombre de personnes quils arrivent à convaincre.
Le consommateur est alors invité à procéder au « grattage » dun
jeu, qui lui fait gagner bien évidemment un lot. Pour obtenir ce lot, il est alors
convié à prendre un taxi (offert par le vendeur), qui le conduit dans la résidence.
Une fois que le consommateur est sur le lieu de vente, il est pris
en charge par un ou plusieurs vendeurs de la société et entouré des plus grands soins -
lui sont servis notamment des boissons alcoolisées , des repas, et des cadeaux lui sont
offerts.... Commencent alors les négociations, et le consommateur est submergé d
informations sur les avantages de la multipropriété pendant de longues heures. Bien que
nayant pas à lorigine lintention dacheter, les touristes
finissent par céder, signent un contrat (très souvent au bout de plusieurs heures...) et
versent un acompte.
Dans un grand nombre de dossiers, les acquéreurs font part du
sentiment dêtre dans un « état second » au moment de la signature.
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 | Concernant les modalités de paiement de
lacquisition, elles diffèrent selon les dossiers et consistent soit en un paiement
comptant, soit en un règlement en partie au comptant et le solde avec crédit, soit enfin
en la remise de plusieurs chèques.
Il convient alors de préciser, concernant le règlement par
chèque, que dans de nombreux cas, il est proposé à lacheteur de remettre
plusieurs chèques mentionnant des dates différentes pour le paiement du prix de
lachat alors que la loi française interdit de postdater les chèques.
On a pu noter en outre dans certaines affaires que le vendeur qui
avait promis un encaissement des chèques dans un délai convenu entre les parties ,
na pas tenu sa promesse. Les chèques ont été encaissés de suite ou tous
ensemble, encaissement qui pour certains acquéreurs a entraîner des difficultés
financières et conduit à linterdiction bancaire, linterdiction bancaire en
France consistant à linterdiction démettre des chèques jusquà ce que
les sommes dues soient remboursées. Par ailleurs, elle entraîne le fichage par la Banque
de France dans le fichier national des chèques impayés (FNCI) .
Lorsquil sagit dachats à crédit, les
consommateurs paient une partie au comptant, sengageant à verser la solde du prix
après avoir contracté à cette fin un crédit en France. Le crédit contracté est dans
la plupart des cas un prêt personnel, le financement des biens ne rentrant pas dans la
catégorie des biens immobiliers. Il sagit donc généralement dun crédit à
taux élevé.
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 | Quant aux contrats proposés par ces
sociétés, nous avons constaté que dans un bon nombre de dossiers, le vendeur est
domicilié à lîle de Man et que le contrat comporte une clause stipulant
quen cas de litige, les parties déclarent se soumettre à la compétence des
tribunaux de lîle de Man et à sa législation, qui ne comporte pas de mesures
protectrices des intérêts des consommateurs.
Pour les français, les problèmes liés à lapplication de
ce type de clause devraient disparaître, du moins en partie car il restera à faire
exécuter les décisions, si le projet de loi actuellement présenté devant le Parlement
français était adopté.
En effet, ce projet prévoit quest réputée non écrite
toute clause qui attribue compétence à une juridiction dun Etat non partie à la
Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 et à la Convention de Lugano du 16 septembre
1988 concernant la compétence judiciaire et lexécution des décisions en matière
civile et commerciale lorsque le consommateur a son domicile ou sa résidence habituelle
en France ou lorsque le bien ou lun des biens est situé sur le territoire dun
Etat partie à ces conventions.
En plus, la nouvelle loi
espagnole du 15 décembre 1998, qui concerne les droits dutilisation alternative
(cest la nouvelle dénomination légale de la "multipropriété" ou
"temps partagé"), et qui est le résultat du transfert de la Directive
Communautaire du 26 octobre 1994 dans le droit espagnol, interdit aux sociétés qui
commercialisent ces droits en Espagne, dêtre domiciliées dans des paradis fiscaux
(par exemple, lIle de Man); elles auront, au moins, une succursale domiciliée en
Espagne.
La loi espagnole du mois de décembre
1998 donne au consommateur la possibilité de se rétracter de sa décision de signer le
contrat. Il nest pas obligé dexpliquer ses raisons au vendeur ni de payer
dindemnisations dans les 10 jours après la signature du contrat.
Comme protection supplémentaire, si le
consommateur remarque un manque dinformation obligatoire dans le contrat ou dans le
document dinformation ou que celle-ci nest pas véridique, il peut renoncer au
contrat sans être obligé de verser des frais dans les trois mois après sa signature.
(Pour plus de renseignements, consulter dautres sections dans le website, où la
nouvelle loi est largement analysée). Dans ce dernier cas, si le vendeur corrige le
manque dinformation, le consommateur dispose toujours du délai de 10 jours dont on
a parlé plus haut. Si au bout de trois mois le vendeur na pas encore corrigé les
défauts concernant linformation et le consommateur na pas exercé son droit
de renonciation, celui-ci dispose toujours dun délai de dix jours à partir de la
fin des trois mois pour le faire.
|
 | Certains
dossiers ont cependant été solutionnés de façon plus ou moins satisfaisante,même si
la loi espagnole qui regularise ces contrats nétait pas encore en vigueur.
 | Des acquéreurs ont pu, grâce à la
rapidité de leur réaction faire annuler le contrat, moyennant paiement de frais
dannulation, ou encore en prenant le risque de faire opposition sur les chèques
remis en règlement du prix de lacquisition.
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|
 | Toutefois, dans plusieurs dossiers, on
constate que les consommateurs, après une demande dannulation du contrat restée
infructueuse, ont décidé de ne pas payer le solde du prix. Certes, ils ont reçu des
relances, mais ils nont pas été poursuivis.
Le bilan sest soldé pour le consommateur par la perte de
lacompte, qui peut être dun montant non négligeable. Le vendeur, pour sa
part, tire un bénéfice de la transaction puisquil conserve lacompte et les
parts de jouissance du bien.
|
 | Les autres problèmes évoqués, sur la
multipropriété, sont ceux liés à la possession de la semaine en temps partagé, à
savoir les difficultés rencontrées pour la revente de leurs droits (les consommateurs ne
trouvant pas dacquéreurs de leurs parts et la vente entraînant la perte dun
pourcentage du prix), et pour le paiement des charges du logement. Quant aux bourses
déchange, on leur reproche leur mauvais fonctionnement et souvent
limpossibilité déchanges.
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b) Problèmes
Les exemples les plus significatifs
présentent les caractéristiques suivantes:
Exemple n° 1:
Type de
problème: |
achat en
multipropriété, demande dannulation du contrat. |
Consommateur
: |
couple
cadre administratif/ artisan denviron 40 ans. |
Produit: |
semaine en
temps partagé, valeur 126 900 Francs. paiement par 2 chèques. |
Circonstances: |
après
avoir gagné une semaine de séjour ( suite à un jeu) les personnes se sont rendues en
Espagne où elles ont été amenées à assister à une présentation dappartement.
Suite à de longues négociations, elles ont signé pour l acquisition
dune semaine en temps partagé. Elles ont souhaité annuler. |
Résultat: |
les
acquéreurs ont demandé très rapidement lannulation. Après différents courriers,
ils ont obtenu lannulation du contrat, ont récupéré les deux chèques mais ont
dû en échange versé vendeur 4300 francs de frais dannulation de dossier. |
Exemple n° 2:
Type de
problème: |
achat en
multipropriété , demande dannulation |
consommateur: |
couple
cadres fonctionnaires, denviron 35 ans. |
produit: |
semaine en
temps partagé, dune valeur de 64 000 francs, encaissement dun acompte de 16
000 francs dès signature. |
circonstances: |
non
précisé |
résultat: |
les acquéreurs ont demandé
lannulation du contrat et la restitution de lacompte, sans succès. Ils
nont pas versé le solde du prix. Après plusieurs lettres de relance, la société
na pas poursuivi. Les consommateurs ont perdu leur acompte de 16000 francs. |
Exemple n° 3:
Type de
problème: |
multipropriété,
demande dannulation du contrat ou de ne pas payer les charges |
consommateur: |
Couple |
produit: |
achat
dune semaine en temps partagé, studio dune valeur de 53 125 francs, somme
payée au comptant Country Club Chayofa |
circonstances: |
les
circonstances de lachat ne sont pas précisées dans le dossier |
résultat: |
annulation
non obtenue, les consommateurs ont arrété de payer les charges de lappartement |
Exemple n° 4:
Type de
problème: |
Il
sagit dun litige dachat en multipropriété |
consommateur: |
Un couple
est concerné. |
Caractéristiques: |
Ces
touristes ont signé en octobre 1997 un contrat dachat vente dune semaine au
Club Pueblo don Miguel, pour une valeur de 53 800 francs. Ils ont versé 16 464 francs au
moment de la signature et le solde en deux paiements ultérieurs. Le contrat est rédigé en anglais et précise quil est soumis
à la loi de lile de Man. Depuis
plusieurs années ils reçoivent des lettres de relances de demandes de paiements des
charges. Iles souhaitent revendre
leur bien , mais nont pas à ce jour trouver dacquéreur. |
Exemple
n° 5:
Type de
problème: |
Il
sagit dun litige dachat en multipropriété, concernant notamment les
difficultés des acquéreurs à revendre leurs parts. |
consommateur: |
Un couple
est concerné. |
Caractéristiques: |
Suite à
une sollicitation, les époux C ont acheté le 28.02.94 à Valence en France une semaine
en temps partagé pour une valeur de 40 000 francs , montant versé le jour de la
signature. Lappartement est situé à Majorque, au club Cali Pi.
Se rendant sur place, ils se sont
laissés convaincre dacheter un autre appartement , le vendeur leur indiquant lors
des conversations quils ont pu avoir quils pourraient revendre le premier
logement dans un délai de 180 jours, ce qui na pas été fait. Le prix de
lappartement sélevait à 57 761 francs.
Désirant revendre les parts
quils détiennent pour les deux semaines, ils se sont adressés au club, qui leur a
conseillé de prendre contact avec une société, dénommée Malton Services LTD,
société soumise au droit anglais , qui sest engagée à vendre le second logement.
Ils ont payé pour ce faire 1600 francs, en 1996 et à ce jour aucune part na été
vendue. |
Les consommateurs souhaitant revendre
les parts quils détiennent pour des appartements achetés en multipropriété se
trouvent notamment confrontés au fait que les offres de vente sont beaucoup plus
nombreuses que les demandes, offres qui sont faites soit par des particuliers, détenteurs
de parts soit par des vendeurs professionnels.
Par ailleurs, les émissions et les
articles consacrés à ce sujet, ont souvent relatés les problèmes posés par ce moyen
dacquisition de bien immobilier, ce qui amène les consommateurs à être plus
méfiants, ce qui de notre point de vue est positif.
Exemple
n° 6:
Type de
problème: |
Il
sagit dun litige relatif à un contrat dadhésion au club Class
Holidays, leur donnant accès pendant une semaine par an à un appartement à Marbella. |
consommateur: |
Un couple
est concerné. |
Caractéristiques: |
Les époux L. ont signé le 14
juin 1999 un contrat dadhésion avec la société Méditerranean Club Holiday,
contrat soumis au droit espagnol, et ce, après avoir été démarché lors de leur
vacances en Espagne. Ils ont versé un acompte par carte bancaire de 14 000 francs et ont
pour le solde, à savoir 25 400 francs donné un chèque. Ils ont souhaité résilié leur contrat. Cependant , le délai de 10 jours
était expiré lorsquil en ont manifesté le souhait et le contrat répondait aux
exigences de la loi espagnole. |
Il semble que les sociétés qui désirent trouver de
nouveaux acquéreurs démarchent le plus souvent, les touristes qui viennent
darriver en vacances . Ainsi, lorsque ces consommateurs réalisent leur erreur lors
du retour en France, il est bien souvent trop tard pour se rétracter.
b1) Problèmes dannulation de contrat
Les touristes se plaignent notamment des méthodes utilisées par
les sociétés de timeshare pour commercialiser leurs produits.
En effet, devant des consommateurs hésitant à conclure un
contrat, des vendeurs ne manquent pas de leur indiquer quils peuvent signer le
contrat sans que cela ait une grande incidence dans la mesure où ils ont un délai de
rétractation (allant jusquà trente jours pour certains) , ce qui est inexact mais
que les acheteurs croient a priori.
Par ailleurs, les vendeurs sengagent à ne pas prélever
immédiatement les acomptes versés et dès que les consommateurs font connaître leur
intention de se rétracter , les sommes sont immédiatement mises en recouvrement.
Les exemples les plus significatifs sont les suivants:
Exemple n° 1:
Type de
problème: |
Ce témoignage concerne un problème
d annulation dun achat en multipropriété. |
Consommateur
: |
Les consommateurs nétaient pas
des touristes habituels. Il sont âgés d environ 50 ans,et ont pour profession
agent de maîtrise et facteur. |
Produit: |
Il
sagit dun appartement dans résidence Treumel Center, dun montant de 24
000 francs. Est prévue une bourse déchange auprès de Interval International. |
Circonstances: |
En vacances dans les Pyrénées
orientales, Mr et Mme M. ont décidé de se rendre pour une journée en Espagne. Ils ont
été alors abordés par de jeunes français, qui leur ont indiqué quils avaient
gagné une semaine de vacances dans une résidence et qui les ont emmenés sur un lieu de
vente.Ils ont signé, après de multiples heures de discussion un contrat dachat en
temps partagé et ont versé 24 000 par carte bleue ( carte à paiement différé).
Lorsquils ont voulu se rétracter , le vendeur leur ayant
indiqué quils avaient 30 jours pour le faire , il a refusé , indiquant que cette
possibilité de rétractation nest pas prévue au contrat. Il a fait en sorte que le
compte des acheteurs soit débité. |
Résultat: |
Les
acheteurs ont dû recourir à un prêt afin déviter davoir leur compte à
découvert. |
Exemple n° 2:
Type de
problème: |
Il sagit dun problème
dannulation dun achat en multipropriété. |
Consommateur
: |
Les touristes sont un couple
douvriers. |
Produit: |
Lobjet
du contrat est un appartement de la société Time Dream, acheté pour un montant de 48
000 francs, dont 12 000 Francs ont été versés en acompte. |
Circonstances: |
Lors dune promenade en Andorre,
Mr et Mme S ont été abordés par des jeunes qui leur ont indiqué quils avaient
gagné un dîner au restaurant pour 2. Les touristes sont alors emmenés et passent de
personne en personne. De lalcool leur est servi et on leur demande leurs papiers
didentité et leur carte bleue pour vérification. Ils ont signé un contrat.
Finalement , de retour en France, ils saperçoivent que les 12 000 francs leur ont
été débité de leur compte bancaire.
Ils ont adressé une lettre de rétractation le lendemain, sans
succès. |
Résultat: |
Ils
nont pas payé le solde mais ont perdu leur acompte. Ils nont pas eu de
nouvelle de la société. |
Exemple n° 3:
Type de
problème: |
Le litige porte sur lachat
dune semaine en multipropriété en 1996 et plus précisément sur lannulation
du contrat. |
Consommateur
: |
Est concerné un couple dune quarantaine
dannées |
Produit: |
Le contrat a pour lobjet lacquisition en temps
partagé dune semaine dans un complexe immobilier à Cambrils, et pour un montant de
77 000 francs.. |
Circonstances: |
Se rendant au marché de Cambrils, les époux sont
abordés par une jeune femme qui leur propose de participer à un jeu. Une enveloppe leur
a été proposée, contenant un bon gagnant dune semaine de séjour gratuite dans un
appartement en Espagne. Ils sont ensuite conduits dans la résidence en question et après
des heures de négociations, ils finissent par signer le contrat dachat dune
semaine en multipropriété. |
Résultat: |
Après avoir effectué sans succès des
démarches aupès de la société afin dobtenir lannulation du contrat, les
époux ont décidé dassigner le vendeur devant le tribunal de grande instance de
Montpellier.Le tribunal a fait droit à leurs demandes dans un jugement de novembre 1998.
Le tribunal sest déclaré compétent en vertu de larticle
14 du Code Civil, qui dispose que létranger, même non résident en France , pourra
être cité devant les tribunaux français pour lexécution des obligations par lui
contractées en pays étranger envers des français.
La juridiction a prononcé lannulation du contrat pour vice de
consentement fondant sa décision sur le fait que la société de timeshare avait recours
à des méthodes de commercialisation agressives, attirait les acquéreurs potentiels par
la participation à un jeu à lavance truqué, et quun harcèlement de
plusieurs heures était pratiqué sur les consommateurs afin de les faire signer un
contrat, portant dailleurs sur un appartement différent de celui dont le vendeur
fait léloge lors de négociations.
Elle a retenu par ailleurs que la société ne respectait pas les
délais de livraison de la chose vendue, ni détablissement de lacte
authentique de vente et quaucun délai de rétractation nétait prévu au
contrat contrairement à la Directive européenne du 26 octobre 1994, laquelle oblige les
états membres à prévoir un tel délai dans leur droit national.
La société défenderesse a ainsi été condamnée au remboursement de la somme de 77
000 francs, correspondante au prix de la vente et à verser 15 000 francs à titre de
dommages et intérêts au couple dacquéreurs pour le préjudice quils ont
subi. Lexécution provisoire a par ailleurs été prononcée. |
Ce dossier est intéressant dans la mesure où une procédure
judiciaire a été engagée par les consommateurs en vue dobtenir lannulation
du contrat et la condamnation du vendeur à des dommages et intérêts.
Nous nous interrogeons cependant sur la suite qui sera donnée à
ce jugement dans la mesure où son exécution est rendue difficile du fait que la partie
condamnée est domiciliée en Espagne. Le consommateur doit en effet avoir recours à la
procédure dexequatur afin de rendre exécutoire ce jugement en Espagne. Cette
procédure, par les démarches quelle nécessite et son coût élevé, présente un
caractère dissuasif.
Par ailleurs, si le juge espagnol venait à valider la décision
rendue par le tribunal français, il resterait le problème de la solvabilité de la
société .
Ce dossier nous amène également à une autre remarque, quant à la compétence du
juge dans cette affaire.. Bien que cette décision soit favorable aux consommateurs, nous
pensons quau regard des principes de droit international, seule la justice locale
donc espagnole, est compétente pour trancher les litiges portant sur lacquisition
en multipropriété dune semaine dans un immeuble situé en Espagne. Le ministre
chargé des affaires européennes a dailleurs confirmé notre analyse dans une
réponse écrite quil a faite suite à l interrogation dun parlementaire
en précisant que « le contentieux issus de la vente de semaines de vacances en
temps partagé relèvent, en tout état de cause, de la justice locale ».
Exemple n° 4:
Type de
problème: |
Il sagit dun litige lié à lannulation
dun contrat de deux contrats dacquisition en temps partagé. |
Consommateur
: |
Est concernée une famille composée dun couple
âgé de plus de 60 ans et de deux enfants. |
Produi t et caractéristiques: |
Ont été acquises deux semaines en
multipropriété à Ténérife dans deux résidences différentes, lune pour un
montant de 100 000 francs ( la reprise dune semaine déjà acquise étant effectuée
pour 50 000 francs), lautre pour un montant de 107 520 francs. La premier achat est
assorti dune adhésion à un club déchange.
Un versement de 29 850 francs à titre de dépôt a été effectué.Le
financement du solde doit être fait à laide dun crédit.
Les époux ont adressé pour chaque contrat une lettre recommandée de désistement,
avec demande de remboursement des sommes versées. Aucune réponse na été faite. |
LEspagne a transposé la Directive européenne du 26 octobre
1994 relative à la multipropriété en droit interne par une loi du 15 décembre
1998, entrée en vigueur depuis janvier 1999. Cette transposition va permettre une
amélioration des droits des consommateurs dans ce domaine. En effet, cette nouvelle loi
encadre le contenu du contrat de vente, ses modalités de financement et instaure un
délai de rétractation au profit des acquéreurs de 10 jours à compter de la signature,
porté à 3 mois si le contrat ne contient pas les informations réglementaires.
Ainsi, les consommateurs qui sont victimes de manoeuvres
litigieuses ( longues heures de harcèlement après participation à un jeu, par exemple)
auront la possibilité de se désister de leur engagement, ce qui devrait entraîner une
diminution des litiges. De même, si le contrat mentionne clairement les obligations de
chacune des parties et notamment le décompte des charges, les litiges devraient être
moins nombreux.
Il convient désormais de diffuser cette information aux touristes qui ne
maîtrisent pas forcément leur législation nationale et ne connaissent pas a fortiori
les législations étrangères.
b2) Problèmes liés à la revente des semaines.
Des problèmes liés au fonctionnement des bourses déchange
ont également été évoqués. Il sagit notamment de limpossibilité de
procéder à un échange ou encore d une possibilité déchange pour des
destinations et des périodes ne pouvant convenir.
Par ailleurs, pour ce qui concerne la revente des parts, alors que
les vendeurs ne manquent pas dindiquer quil existe de multiples acquéreurs
potentiels, elle savère dans la plupart des cas, difficile voire impossible.
Exemple:
Type de
problème: |
Il sagit de
limpossibilité de revendre des semaines acquises en temps partagé. |
Consommateur
: |
Les touristes concernés sont un
couple. |
Produit: |
Lobjet
du contrat est un appartement de la société Time Dream, acheté pour un montant de 48
000 francs, dont 12 000 Francs ont été versés en acompte. |
Circonstances: |
Il ont signé un contrat pour lachat de 2 semaines
au Royal Gardens . Le vendeur leur a promis de revendre dans les 9 mois les 2 semaines
quils avaient déjà acquises au club Tenerife.La revente na jamais eu lieu. |
Résultat: |
Ils
ont acquis 2 autres semaines et nont jamais vendu les deux premières. |
b3) Problèmes liés aux formalités dacquisition.
Des consommateurs nous ont fait part de leur impossibilité
dobtenir soit le contrat dacquisition lui-même, soit lenregistrement de
ce contrat chez un notaire espagnol, et ce , malgré de multiples démarches auprès du
vendeur.
Exemple 1:
Type de
problème: |
Après avoir acheté un appartement en
temps partagé, les acquéreurs nont pu faire effectuer les formalités
denregistrement du contrat chez le notaire espagnol. |
Consommateur
: |
Il sagit dun couple. |
Produit: |
Lobjet
du litige est un achat en France dune semaine en Espagne, club Pineda Dream,
dune valeur de 61 000 francs. |
Circonstances: |
Le contrat devait être enregistré sous 2 mois chez un
notaire espagnol. |
Résultat: |
La
formalité nest toujours pas réalisée. Les touristes ont certes la jouissance du
bien, mais ils sinquiètent quant à la validité de la vente. |
Les problèmes que nous avons recensés sont à peu près
identiques à ceux qui avaient servi à établir le premier rapport. Le système d
information faite à destination des consommateurs français sur les risques et la nature
de leurs engagements dans ce domaine, bien quil soit très intéressant,
savère insuffisant notamment parce quil nest pas suffisamment connu.
Les problèmes ici exposés existent avant la parution de la loi espagnole du 15
décembre 1998 sur les droits dutilisation alternative dimmeubles touristiques
(cest la nouvelle dénomination légale de la "multipropriété"). Avec
lentrée en vigueur de cette loi, les problèmes dont on a parlé plus haut auraient
été résolus facilement.
Concernant la possibilité de
rétractation, la nouvelle loi espagnole introduit deux solutions pour la défense
des consommateurs : il y a dabord le droit de renonciation, par lequel le
consommateur peut renoncer au contrat dans les dix jours après sa signature. Il
naura ni frais ni indemnisations à payer et il ne sera pas obligé dexpliquer
ses raisons au vendeur.
Comme protection supplémentaire, si le
consommateur remarque un manque dinformation obligatoire dans le contrat ou dans le
document dinformation ou que celle-ci nest pas véridique, il peut renoncer au
contrat sans être obligé de verser des frais dans les trois mois après sa signature.
(Pour plus de renseignements, consulter dautres sections dans le website, où la
nouvelle loi est largement analysée). Dans ce dernier cas, si le vendeur corrige le
manque dinformation, le consommateur dispose toujours du délai de 10 jours dont on
a parlé plus haut. Si au bout de trois mois le vendeur na pas encore corrigé les
défauts concernant linformation et le consommateur na pas exercé son droit
de renonciation, celui-ci dispose toujours dun délai de dix jours à partir de la
fin des trois mois pour le faire.
Quant à la possibilité
déchange de droits dutilisation alternative, la nouvelle loi espagnole
établit quil faut indiquer clairement sur le contrat si cette possibilité existe
ou pas. Dans laffirmative, il faut indiquer le nom de la société ou du tiers qui
va soccuper du service déchange. Cette sociéte ou personne doit prouver
annuellement que le système déchange est en vigueur. En plus, la loi remarque que
le contrat dacquisition dun droit dutilisation alternative est
différent au contrat qui réglemente le rapport entre le consommateur et titulaire du
droit et la société ou personne qui soccupe du service déchange. Un
document dinformation sur les caractéristiques principales du système
déchange sera fourni au consommateur (quotes, adhérents, etc.).
Pour finir, on va parler du problème de la
formalisation des contrats devant un notaire espagnol. La loi espagnole du mois de
décembre 1998 exige une formalisation du contrat sur acte notarié et linscription
du droit dutilisation alternative dans le Bureau des Hypothèques correspondant, qui
sera celui de lendroit où se trouve le logement touristique.
Exemple 2:
Type de
problème: |
Ce témoignage concerne un problème relatif à l
achat dune semaine en multipropriété. |
Consommateur
: |
Il sagit dun couple , déjà
propriétaire dune semaine en temps partagé, achetée en 1994 pour un prix de 58
000 francs.. |
Produit: |
Le litige porte sur lacquisition dune seconde
semaine en temps partagé, dans un club de Puerto Del Carmen, sur lîle de
Lanzarotte, aux Canaries.. |
Circonstances: |
Lors du premier séjour des époux
dans leur appartement, (ils avaient acheté une semaine en temps partagé en 1994), le
gérant du club leur propose dacquérir une seconde semaine pour un prix de 30 000
francs, la première leur ayant été vendue pour une somme de 58 000 francs. Ceux-ci
acceptent, versent 6 000 francs dacompte, 2 500 francs de frais de dossiers, et
saccordent avec le vendeur pour que le reste du prix soit acquitté en 10 versements
mensuels de 2 400 francs. Les chèques sont alors envoyés aux conditions prévues à
lachat. Le 15 janvier 1996, le Directeur de la société propriétaire du club les
informe quil ny a pas de trace de double du contrat dachat . |
Résultat: |
Aujourdhui, malgré lenvoi
de plusieurs lettres recommandées, aucune réponse na été apportée par la
Direction du club. Devant les difficultés rencontrées, les touristes ont abandonné
toute poursuite. |
 | Problemes rencontres par les
touristes francais se rendant en Espagne
(mise à jour, mai 1999):
|
Pour cette mise à jour, nous avons
reçu moins de témoignages concernant la multipropriété.
Nous lexpliquons en partie par la
médiatisation qui est faite ( reportages télévisuels, ou articles dans la presse
écrite) sur les problèmes rencontrés par les acquéreurs de ce type de produit.
Linformation qui est faite par ce biais, notamment sur les méthodes de
commercialisation utilisées, a conduit en effet certains consommateurs à prendre
conscience des engagements quils prendraient en signant un tel contrat.
Il nen demeure pas moins que nous
sommes souvent saisis par des consommateurs qui ont acquis une semaine en temps partagé
il y a quelques années, et qui souhaiteraient annuler leur contrat ou revendre leurs
droits. Ceux-ci se trouvent généralement dans limpasse, pour les premiers car ils
nont pas de possibilité dannulation, pour les seconds car ils ne trouvent pas
dacquéreurs intéressés par les semaines quils possèdent ( à cause soit du
lieu , soit des dates de la jouissance du bien)
Quant aux bourses déchange, ils se trouvent
confrontés aux mêmes difficultés. Les offres dappartement sur lEspagne sont
en effet trop nombreuses par rapport à celles qui sont offertes sur dautres pays.
Le système ne permet donc pas aux possesseurs de semaines dans la péninsule ibérique ou
dans les Canaries et Baléares de pouvoir échanger leurs droits contre une autre
destination.
Exemple 1:
Type
de problème: |
Il sagit dun litige lié
à un achat dune semaine en temps partagé. |
Consommateur
: |
Un couple de touristes occasionnels
est concerné. |
| Caractéristiques: |
Lors dun
séjour à Ibiza, en mai 1998, le couple de touristes est abordé par des commerciaux de
la société Ibiza Leisure LTD, qui les invitent à se rendre au club Es Puesto. Après
plusieurs heures de négociation, ils signent un contrat dacquisition dune
semaine en temps partagé pour une valeur de 31 000 francs. Ils versent alors un acompte
de 9 300 francs.
Souhaitant se désister de leurs engagements , ils ont adressé une
lettre recommandée Ils nont pas à ce jour récupéré leur acompte et reçoivent
des lettres de relance de la société. |
Il est intéressant de relever que le contrat
signé par ces consommateurs contient la clause suivante: « Je déclare quon
ne ma pas forcé, sous quelque influence que ce soit, à signer ce contrat et je
comprend quon ne peut le résilier et quaucune somme versée ne pourra être
remboursée. » Par la même, les vendeurs reconnaissent que ces pratiques existent.
Exemple 2:
Type
de problème: |
Il sagit dun litige lié à un achat
dune semaine en temps partagé. |
Consommateur
: |
Une touristes occasionnelle est concernée |
| Caractéristiques: |
En vacances en Espagne, en 1996, et
alors quelle se trouvait en discothèque, elle participe à une tombola et gagne
bien évidemment un lot, quelle doit retirer lors dune réunion organisée le
lendemain. Lors de cette réunion, des vendeurs lui proposent lachat dune
semaine en temps partagé dune valeur de 70 000 francs. Devant son refus, le prix
étant trop cher, dautres propositions lui sont faites et elle finit par signer un
contrat pour des droits de jouissance dun appartement, et ce pour un montant de 45
000 francs. Elle verse alors des arrhes dun montant de 13500 francs.
Lorsquelle sest rendu compte de la portée de ses
engagements elle a voulu, annuler. Elle na pu récupérer la somme qui avait été
prélevée sur son compte. |
Quant aux contrats conclus depuis la transposition de la Directive
du 26 octobre 1994 en droit interne espagnol, il est trop tôt pour pouvoir porter une
appréciation quant à la réelle protection des consommateurs que peut apporter cette
nouvelle législation .
Les problèmes liés à lannulation du contrat devraient
normalement diminuer, à condition bien sûr que les consommateurs soient informés de
leur droits et notamment de la possibilité qui leur est offerte de se rétracter dans les
10 jours de la signature du contrat.
 | Problemes rencontres par les
touristes francais se rendant en Espagne
(mise à jour, novembre 1999):
|
Nous avons de nouveau été saisis par
des touristes français se trouvant confrontés à des sociétés de vente de semaine en
temps partagé, avec lesquelles ils ont contracté, contrat quils souhaitent annuler
ou pour lesquels ils narrivent pas à revendre les droits quil confère.
Exemple 1:
Type
de problème: |
Le litige porte sur les difficultés rencontrées pour le
rachat des parts détenues sous forme dune semaine en temps partagé |
Consommateur
: |
Un couple est concerné. |
| Caractéristiques: |
Le couple achète à Montpellier, au
cours dune opération commerciale un semaine en temps partagé dans un immeuble
dénommé Beach Club, situé à Lanzarote. Le paiement est effectué quasiment au
comptant.
Le vendeur est aujourdhui introuvable.
Au cours de leurs premières vacances sur place, il leur est proposé
détendre leur contrat sur une opération en cours de construction. La proposition
est assortie dune promesse de rachat ferme et non révisable dans un délai de 4
années. Les conditions leur semblant acceptables financièrement et leur offrant une
possibilité de désengagement à court terme, ces consommateurs acceptent.
A la date prévue, le couple demande le rachat . Malgré les nombreux
appels, lettres et fax à la société, aucune réponse ne leur a été fournie. |
Il convient cependant de noter que les litiges dans ce domaine
concernant lEspagne semble avoir diminués.
En revanche, nous voyons des litiges portant sur des contrats
soumis à la loi Andorrane augmenter de manière significative.
Une des explications à ce phénomène de « transfert des
litiges » pourrait peut - être être dû au fait que lEspagne a transposé la
Directive du 26 octobre 1994 , cette intégration conduisant à une meilleure protection
des consommateurs sur ce type de contrat alors que la principauté dAndorre ne
disposait, quant à elle, daucune réglementation en la matière, jusquau 15
septembre 1999, où prenant conscience de la problématique de labsence dune
telle réglementation, elle a adopté un décret, prévoyant notamment un délai de
rétractation pour le consommateur de 20 jours à compter de la signature du contrat.
Cette nouvelle disposition devrait , à son tour, entraîner une
diminution des litiges sur lAndorre mais les problèmes de multipropriété sont
loin de disparaître puisque nous commençons à être saisis sur des litiges portant sur
les pays hors union européenne tel le Maroc.
Exemple 2:
Type
de problème: |
Le litige a trait à lachat
dun semaine en temps partagé sur un appartement situé en Andorre. |
Consommateur
: |
Un couple est concerné |
| Caractéristiques: |
En vacances en Espagne en mai 1999, le
couple est abordé et invité à une réunion sous prétexte dun gain à un jeu.
Après négociations, il se laisse convaincre pour lachat
dune semaine en temps partagé dans un immeuble situé en Andorre, et signent un
contrat, soumis à la loi andorrane pour un montant total de 44 000 francs, dont un
acompte payé par carte bleue de 12 000 francs, le solde devant être prélevé un mois
plus tard.
Dès le lendemain, se rendant compte de lengagement pris alors
quils ne souhaitaient en aucun cas acquérir un bien, les touristes ont adressé une
lettre recommandé avec accusé de réception au vendeur et fait opposition sur leur carte
bancaire, opposition qui nest normalement recevable au regard de la loi française
que pour perte, vol ou liquidation judiciaire de la société. |
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